top of page
Logo .png
AOI KOTSUHIROI

 

FR/EN

Biographie 

Artiste

Aoi Kotsuhiroi est une identité artistique sous laquelle s'inscrit une pratique collaborative explorant la matérialité comme lieu de transformation, de rituel et de connaissance incarnée.

À travers la sculpture, la peinture à la laque urushi, la gravure et la photographie, le travail développe un corpus fondé sur des processus lents et alchimiques, où le feu, l’écriture et les matériaux ancestraux occupent une place centrale.

Formée aux Beaux-Arts, la pratique s'est construite sur plus de vingt ans de travail avec la laque Urushi, dans une approche où le temps, la matière et la transformation sont indissociables. Le travail interroge les notions de corps, de survivance et de métamorphose, conférant aux matériaux — grès, bois, laque urushi, cinabre, corne — une présence presque organique.

Les textes gravée, les traces laissées par le feu et l’usage de pigments historiquement associés au sacré et à la toxicité transforment chaque pièce en palimpseste : un espace où se superposent mémoire biologique, langage symbolique et forces non humaines.

L’érotisme y est envisagé non comme représentation, mais comme une force de connaissance, ancrant la création dans une relation directe et négociée avec la matière, pensée comme co-autrice.

Le travail a été présenté dans de nombreux contextes institutionnels internationaux. Il a notamment fait l’objet d’une exposition itinérante initiée par le Brooklyn Museum, présentée dans plusieurs musées aux États-Unis, dont une image a été choisie pour la couverture du catalogue.
Il a également été montré au The Museum at FIT à New York, dans une exposition curatée par Valerie Steele, où les sculptures occupaient une place centrale et ont été retenues pour la couverture du catalogue.

En France, le travail a été présenté au Musée des Arts Décoratifs à Paris dans le cadre d’une installation de grande ampleur déployée sur six mois, réunissant sculptures, photographies et objets rituels, accompagnée d’un article critique dans le catalogue.


Il a également été invité à la MoBA Biennale ainsi qu’au Trapholt Museum au Danemark, sur invitation de Lidewij Edelkoort, avec publication de textes critiques abordant les dimensions sculpturales et photographiques du travail.

Le travail a par ailleurs été présenté à Londres à SHOWstudio, sur invitation de Nick Knight, ainsi qu’à Altaroma à Rome, à travers deux invitations curatoriales consécutives de Silvia Venturini Fendi.

Certaines œuvres ont été présentées dans des contextes transdisciplinaires (art, design, mode), en tant que sculptures autonomes, parallèlement à des présentations dans des cadres artistiques et institutionnels.

Aoi Kotsuhiroi vit et travaille en France, où se développe actuellement un atelier-galerie conçu comme un espace de recherche, d'expérimentation et de présentation, pensé comme un prolongement du processus artistique .

 

Le feu, la chair et l’inscription: le Devenir du vivant après l'Humain

 

Oeuvres de Aoi Kotsuhiroi

Le travail de Aoi Kotsuhiroi se tient sur une ligne de crête : une frontière où la matière, l’organique, l’écrit et le sacré s’interpénètrent jusqu’à devenir indissociables. Ses pièces — qu’il s’agisse de crânes gravés, de diptyques laqués au cinabre ou de souliers sculpturaux hybrides — se présentent comme des corps transformés, marqués par le feu, par la langue et par des processus alchimiques qui excèdent la simple intention artistique. Elles sont les vestiges d’un rituel restitué, la preuve qu’un objet peut devenir un organisme et qu’un matériau peut acquérir une respiration.

Dans la sculpture en grès, la forme du crâne humain est déjà altérée, comme si elle avait poursuivi une évolution souterraine, après ou en dehors du vivant. La surface blanche, marquée par les dépôts de carbone du four à bois, semble recouverte d’une suie sacrée, d’une poussière d’ombre déposée par une force dont l’artiste n’est que le témoin privilégié. Cette transformation involontaire — acceptée, accueillie — constitue l’un des principes fondamentaux de la pratique de Kotsuhiroi : la co-création avec des puissances matérielles qui ne se soumettent pas à la volonté.

Ici, le four à bois n’est pas un outil technique : il est un agent, une chambre d’épreuves, un lieu d’alchimie. Le feu ne chauffe pas, il transmute. Il introduit le hasard rituel, le souffle instable qui modifie l’objet sans jamais l’abolir. Le carbone devient un voile, une peau supplémentaire. La cuisson, un acte de passage. La matière, un corps qui traverse une initiation.

La présence du cinabre, pigment rouge traditionnellement associé au sang, à la transmutation interne, au mercure du monde, renforce cette dynamique. Héritier de pratiques alchimiques chinoises, de la magie mésopotamienne et de la mort symbolique de la Mésoamérique, le cinabre chez Kotsuhiroi n’est pas un rouge décoratif : il est le Venin Vivant, la dose toxique qui révèle la transformation. Il insuffle à l’objet une intensité presque dangereuse, comme si la pièce continuait à irradier une énergie souterraine, un éclat qui brûle encore.

Les inscriptions gravées, elles, constituent l’autre versant sacré du travail. Chez Kotsuhiroi, écrire n’est jamais narratif : écrire, c’est inciser. Le texte n’est pas appliqué mais entaillé, pénétrant la surface comme un scalpel ouvre une peau. Chaque lettre est un geste, une percussion du corps de l’œuvre. L’écriture devient un acte performatif, un langage qui saigne la matière jusqu’à produire une pensée incarnée. La gravure rend visible une vérité essentielle : le texte est une blessure qui parle.

C’est à cet endroit que s’ouvre la dimension philosophique du travail : l’œuvre n’est pas une représentation du savoir, mais une expérience de connaissance. Une connaissance non cérébrale mais sensuelle, presque tantrique, où l’érotisme n’a rien de décoratif. L’érotisme ici est la tension entre les forces — feu et terre, organique et post-organique, pigment toxique et matière géologique. L’érotisme est ce qui rend possible la métamorphose. Georges Bataille aurait parlé d’une « continuité brûlante », d’un savoir qui naît lorsque le corps et le monde cessent d’être séparés. L’œuvre de Kotsuhiroi explore précisément cette zone où l’on ne sait plus très bien si c’est la main de l’artiste qui s’ouvre à la matière ou si c’est la matière qui ouvre l’artiste.

Dans Vegatal Obscenity, cette collision atteint une radicalité particulière : les souliers féminins, de bois de cerisier et de corne animale, laqués au cinabre, fusionnent les polarités du désir, du rituel, du végétal et de l’organique. L’objet semble issu d’un organisme inconnu, un fragment d’anatomie post-humaine, une relique d’un futur archaïque. C’est une forme érotique qui n’appelle ni l’usage ni la séduction, mais une résonance plus profonde : celle du féminin sacré, de la verticalité du désir, de l’obscénité primordiale qui fait naître les mondes.

Kotsuhiroi n’expose pas des pièces : elle expose des états de métamorphose.


Ses œuvres ressemblent à des artefacts d’un monde en cours de formation, des vestiges d’un rituel oublié ou futur. Elles portent l’écho d’un temps qui n’est pas le nôtre. Leur signification naît dans l’interstice où le matériau n’est plus une chose et pas encore une forme achevée — une zone liminale où tout demeure possible, vivant, dangereux.

Ce travail, profondément spirituel, refuse pourtant la transcendance. Il s’attache au contraire à la matière, à sa densité, à sa résistance, à sa capacité de mutation. C’est la matière elle-même qui devient la voie initiatique, la maîtresse du rituel, le lieu où s’écrit l’histoire de ce qui survit à l’humain.

Chaque pièce se présente comme un fragment d’une cosmologie en formation, un vestige d’un monde archaïque et futur à la fois,
Celle d’un monde où tout respire :
la terre, le feu, le pigment, la langue, la forme, le désir, la cendre.
Un monde où la création est moins un acte de fabrication qu’un acte de
transmutation.
Un monde où l’artiste devient, non pas maître, mais témoin de ce qui advient.

SELECTION D'EXPOSITIONS

2016

GASTSPIEL . Fürth / Nuremberg . Germany

CURRIER MUSEUM OF ART .  Manchester  .  USA

FRICK ART & HISTORICAL CENTER MUSEUM  .  Pittsburg  .  USA

 

2015

TRAPHOLT MUSEUM OF ART  .  Kolding  .  Denmark

THE ALBUQUERQUE MUSEUM .  Albuquerque  . NM  .  USA

PALM SPRING ART MUSEUM .  Palm Spring  .  CA  .  USA

 

2014

BROOKLYM MUSEUM .  New York 

MUSÉE DES ARTS DÉCORATIFS  .  Paris 

 

2013

MUSEE DES ARTS DECORATIFS  .  Paris 

MUSEUM AT FIT  .  Curated by Valerie Steele  .  New York  .  USA

M°BA BIENNALE .  Curated by Li Edelkoort  .  Arnhem  .  Nederlands

 

2012

ALTAROMA  .   Curated by Syvia Fendi  .  Roma  .  Italia

SHOW STUDIO NICK KNIGHT  .  London 

ALTAROMA  .  Curated by Sylvia Fendi  .  Roma  .  Italia

INTERVIEWS

2021

GATA MAGAZINE  .  Japan

 

2020

ARTPLAY MAGAZINE  .  France

 

2016

BEAUTIFUL BIZARRE MAGAZINE  .  Australia

 

2014

NASTY MAGAZINE .  Roma  .  Italia

COLORBLIND .  London  .  UK

 

2012

STYLEZEITGEIST MAGAZINE .  New York 

FAINT MAGAZINE .  Melbourne 

LE PARADOX .  Italia

LIVRES & MAGAZINES

2016

IN THE WOODS & ON THE HEATH .  By Jan Van Rijn  . (Poetic contribution) . Germany

 

2014

KILLER HEELS  .  Exhibition catalogue  .  Brooklyn Museum  . New York  .  USA

FAINT MAGAZINE  .  Melbourne  .  Australia

GRAMERCY VERSES  .  Hollywood  .  USA

 

2013

DANS LA LIGNE DE MIRE  .  Exhibition catalogue  .  Musée des Arts Décoratifs  .  Paris  .  France

SHOE OBSESSION . Exhibition catalogue + Photo Cover . Yale University / Museum at FIT . NY . USA

FETISHISM IN FASHION .  Exhibition catalogue  .  M°BA Biennale  .  Harnem  .  Nederlands

FOR THE LOVE OF SHOES  .  teNeues Editions  .  NY  .  USA

ROCK STAR CHIC  .  Farameh Media Editions  NY  .  USA

 

2011

DESIGN BEHIND DESIRE  .  Farameh Media Editions  NY  .  USA

SKULL STYLE  .  Farameh Media Editions  NY  .  USA

FR/EN

bottom of page